Le_Monde_12_05_14Le ton de l'article, signé Clarisse Fabre, n'est pas sans poser question. Une légèreté, un sens de la dérision qui donnent à penser que l'auteure sous-estime la gravité des méthodes emplyoées par Dominique Voynet et les conséquences et les enjeux réels de la crise. Une réelle souffrance au travail pour les membres de l'ancienne équipe qui sont restés solidaires pendant 18 mois de leurs collégues évincés, au nombre de quatre en fait. En plus des trois personnes citées dans l'article, l'ancienne programmatrice, Bénédicte Hazé a également été remerciée alors que la qualité de son travail était reconnue par tous. Depuis peu en poste à la SRF, sa réintégration n'était pas d'actualité.

L'article est assez bien documenté. Il manque pourtant une dimension essentielle, la dimension collective de cette lutte acharnée qui a duré 18 mois et a réuni de très nombreux acteurs qui ont soutenu l'équipe. Et une certaine idée du cinéma de service public qui se doit d'être indépendant du pouvoir politique en place.

Absentes également, quelques informations importantes, comme les premières mises en examen suite au dépôt de plainte pour diffamation envers particulier, déposée  le 12 avril 2013, par les trois salarié-e-s du Méliès cités dans l'article (source : Jean-Pierre Anselme, Médiapart, le 11 mars : "Dans les deux articles incriminés (l'un paru dans « Télérama », du 15 janvier 2013, l'autre dans « Le Monde », du 21 janvier 2013, articles qui valent, à leurs directeurs de publication d'être mis en examen), Dominique Voynet accusait les personnels du Méliès d'avoir caché «des sacs de billet dans un placard pour un total de 1800 euros», d'avoir constitué une « caisse noire» destinée à payer des « faux frais » au festival de Cannes, à « rémunérer des cinéastes venus présenter leurs films et à acheter de la drogue »... « et même la cocaïne d'Abel Ferrara » !").